Sila paramita, la perfection de la vie éthique.

Sila, la deuxième paramita, représente l’aspect tourné vers soi de la vie du bodhisattva et est connectée avec l’idée de purification. Sila peut être interprétée non seulement comme ‘vie éthique’ mais comme quelque chose du genre ‘vie plongée dans le dharma’, 'vivant une vie saine'. Le mot suggère une activité habile ou favorable habituelle : non l’action habile occasionnelle mais l’exécution régulière et conséquente d’actions habiles.

‘Droiture’ est la signification plus ou moins littérale du terme, parfois traduit par ‘moralité’, mais pour beaucoup de gens ce mot a des connotations désagréables et est associé à des attitudes conventionnelles et dépassées. Les idées et idéaux chrétiens, qui ne sont pas nécessairement ceux des Evangiles, mais qui reposent sur la doctrine du péché originel, ont engendré un sens de péché et de culpabilité intenses dans beaucoup de gens. Tous ceux qui sont nés en occident sont dans une certaine mesure influences par ces attitudes, même ceux qui regrettent le Christianisme, athées, humanistes ou autres. Nous devons être conscient de ceci pour ne pas emmener inconsciemment ces attitudes dans notre pratique du bouddhisme, ce qui serait cause de confusion, particulièrement dans le domaine de l’éthique.

Une attitude plus païenne, laissant tomber les attitudes éthiques chrétiennes qui n’aident pas, ne devrait pas, bien sûr, vouloir dire l’absence complète de code éthique, mais une moralité plus naturelle, plus proches des réalités de la vie et de l’expérience humaine.

La moralité naturelle et la moralité contenvionnelle.

Ce qui nous amène à la distinction datant des débuts du bouddhisme : la distinction entre la moralité naturelle (Pali : pakati – sila) et la moralité conventionnelle (Pali : pannatti – sila). La moralité naturelle fait référence à un comportement en relation directe avec les états d’esprit, tandis que la moralité conventionnelle est une question de coutumes et de tradition et n’a pas de base psychologique, n’est pas en relation directe avec un état d’esprit spécifique. Par exemple, essayer de ne pas faire ce qui est basé sur un état d’avidité, particulièrement sous ses formes les plus névrotiques, est une question de moralité naturelle ; mais que l’on ait une épouse, ou deux, ou quatre est une question de moralité conventionnelle. C’est comme ôter son chapeau quand on entre dans un endroit sacré, et autres questions d’étiquette. Le sentiment de révérence est une question de moralité naturelle, mais comment il s’exprime sera du domaine de la moralité conventionnelle dans la plupart des cas ; bien que l’on puisse dire qu’il y ait une connexion psychologique entre certains état d’esprit et certaines attitudes corporelles.

Dans la tradition bouddhiste il y a des préceptes, en particulier ceux pratiqués par les moines qui n’ont rien à voir avec la moralité naturelle. Qu’un moine porte des robes jaunes, se rase la tête, etc. est une question de convention. Ceci est clairement reconnu dans la tradition Théravada, en théorie, bien que souvent en pratique, surtout dans le cas de l’opinion publique, une très grande importance soit attachée à des questions de moralité conventionnelle –autant qu’aux préceptes les plus importants de la moralité naturelle- et ceci est bien regrettable.

Malheureusement aussi, certaines personnes se sentent très coupables quand elles n’observent pas la moralité conventionnelle, particulièrement si la société à laquelle elles appartiennent attache une grande importance à ces questions, pratiquement comme si elles étaient des questions de moralité naturelle. Par exemple, dans certaines sociétés, travailler est considéré comme ‘moral’ et il est donc immoral de ne pas travailler ; donc les gens qui ne travaillent pas, dans le sens d’avoir un emploi remunéré, sont méprisés, considérés comme un peu immoraux et on les fait même se sentir coupables. Ils peuvent eux-même se sentir coupables, comme s’ils avaient fait quelque-chose de mal alors qu’ils n’ont causé aucune offense à la moralité naturelle, mais sont seulement allés à l’encontre de certaines coutumes et convenances. C’est, en un sens, la différence entre la vertu et la respectabilité. On peut être à la fois vertueux et respectable, mais il est aussi possible d’être très respectable et pas du tout vertueux, ou grandement vertueux et pas du tout respectable.

Seules les questions de moralité naturelle ont un rapport direct avec karma. On ne devrait pas embrouiller une question de vraie vertu, de moralité naturelle, avec ses préjudices à propos de bien et mal qui peuvent n’être basés que sur des coutumes locales et n’ont rien à voir avec des états d’esprit sains ou malsains. Il est important d’être sûr, en son cœur, que l’on mène vraiment une vie éthique et que l’on ne fait pas que respecter les préjudices du groupe auquel on appartient. La vie morale est essentiellement une question d’états d’esprit sains s’exprimant en un comportement sain et des paroles saines. Les préceptes de la moralité naturelle sont ceux qui nous empêchent de commettre des actions défavorables –c’est-à-dire des actions basées sur l’avidité, l’aversion et l’ignorance, et nous aident à faire des actions basées sur des états d’esprit favorables, tels que la générosité, l’amour et la sagesse.

Les cinq préceptes.

Telle est la nature des préceptes traditionnels bouddhistes qui guident l’application de principes éthiques dans tous les aspects de la vie. Il y a la série des cinq préceptes : on

« prend sur soi les principes d’entraînement »,

comme le dit la phrase traditionnelle :

1. de ne pas prendre la vie,
2. de ne pas prendre ce qui n’est pas donné,
3. de ne pas s’adonner à la méconduite sexuelle,
4. de ne pas mentir et
5. de ne pas prendre d’intoxicants.

Une série de dix préceptes –une élaboration des cinq- implique la purification du corps, de la parole et de l’esprit. Et il y a les 64 préceptes des bodhisattvas.

On pourrait en dire beaucoup sur la pratique de ces préceptes mais je voudrais attirer notre attention sur l’éthique bouddhiste appliquée dans trois sphères de base de la vie humaine : la nourriture, le travail et le mariage. Le plus basic d’entre elles est, bien sûr, la nourriture. Manger fait partie du quotidien et la plupart d’entre nous mangent plusieurs fois par jour ; la nourriture a une place très importante dans notre vie, nous lui accordons beaucoup de temps, d’énergie, d’argent, le monde des cuisines, salles à manger, ustensiles croît d’elle, il est donc important que le fait de manger soit influencé par nos principes éthiques.

 

 

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Dernière mise à jour:
21 juillet, 2008.