Amoghasiddhi

L'éthique.

Pour les bouddhistes, la pratique de l'éthique est un des fondements de la vie spirituelle ; le Bouddha a d'ailleurs décrit le chemin spirituel en tant que chemin triple - d'éthique, de méditation et de sagesse.

L'éthique, dans le bouddhisme, s'appuie sur le fait que les actions ont des conséquences. Il s'agit des actions du corps, de la parole et de l'esprit, et elles ont des conséquences directes ou indirectes pour nous-mêmes, pour les autres, et pour le monde qui nous entoure.

Basée sur nos états d'esprit, c'est une éthique d'intention autant que d'action. Il y a deux sortes d'actions, les actions kusala et akusala. Il s'agit là de termes en pâli qui n'ont pas d'équivalent exact en français mais qui signifient, pour kusala, habile, favorable, sain, vertueux, moral, bénéfique ou positif, et pour akusala les opposés : malhabile, défavorable, malsain, amoral, non-bénéfique ou négatif. Comme le fait remarquer Sangharakshita : « ceci est significatif, car ces termes suggèrent, contrairement aux termes bien et mal, que la moralité est tout à fait une question d'intelligence. »

L'éthique bouddhique est donc basée sur des critères psychologiques, et non métaphysiques, théologiques, conventionnels ou autres. Ceci nous met tout de suite dans le domaine de la responsabilité personnelle individuelle ; la pratique de l'éthique, dans le bouddhisme, est une pratique personnelle, sans jugement extérieur, et qui n'est pas non plus utilisée pour juger les actions des autres. C'est un miroir pour regarder nos propres actions de corps, de parole et d'esprit, et non une loupe pour regarder celles des autres.

La pratique de l'éthique nécessite donc la prise de conscience des états d'esprit dans lesquels nous nous trouvons et à partir desquels nous agissons, parlons, et pensons.

L'éthique est exprimée et résumée sous forme de préceptes. Ce ne sont pas des règles morales absolues ou imposées de l'extérieur, mais des principes, des modèles de comportement, à l'aune desquels nous pouvons mesurer nos propres actions et nos progrès sur la voie. Perfectionnés, ces préceptes sont aussi le mode de fonctionnement naturel d'une personne Éveillée.

Les préceptes pratiqués par les laïcs sont au nombre de cinq. La tradition bouddhique a dans son ensemble surtout insisté sur la formulation négative de chacun d'entre eux, en termes d'abstention de faire quelque chose ; ils ont cependant aussi une formulation positive, en termes d'entraînement, de développement de qualités. Cette formulation positive est extrêmement utile pour la pratique personnelle. Les cinq préceptes sont les suivants :

Une autre liste commune est celle des dix préceptes, dans laquelle est raffinée la pratique d'une part de la parole, avec une parole non pas seulement véridique mais aussi utile, bienveillante et harmonieuse, et d'autre part de la prise de conscience, avec une prise de conscience des trois poisons - l'avidité, l'aversion et l'ignorance - et le développement de leurs opposés : la tranquillité, la compassion, et la sagesse.