[PDF] Cette conférence concernent les Amis de l’Ordre Bouddhiste Occidental (AOBO), un nouveau mouvement spirituel affilié à la grande tradition connue sous le nom de bouddhisme. C’est intentionnellement que j’utilise le mot « mouvement spirituel » pour désigner l’AOBO, plutôt que des termes comme « organisation », « société », « association » et, tout spécialement, « groupe ». Ces termes, je les évite parce que je ne vais pas parler simplement d’une autre organisation, d’une autre société ou d’un autre groupe, mais bien d’un phénomène que je ne peux décrire que comme un « courant » d’énergie positive, émotionnelle et spirituelle. Dans ce contexte, le mot « courant » semble particulièrement approprié. Ce mot est en effet souvent associé avec l’électricité ; si vous touchez un courant électrique, vous recevez un choc. Si vous touchez le bouddhisme, vous recevrez aussi un choc, et si vous touchez l’AOBO, vous recevrez très certainement un choc. L’AOBO est donc un courant d’énergie spirituelle qui touche des niveaux d’existence et de conscience toujours plus élevés. C’est un courant qui, avec notre coopération, peut s’emparer de nous et nous donner ce choc, voire transformer radicalement nos vies - non seulement individuellement mais aussi collectivement.
L’AOBO est un nouveau mouvement spirituel dans le sens où, tout d’abord, il est relativement récent ; il n’a été fondé qu’en 1967. Il est aussi nouveau dans la mesure où il est différent des autres groupes bouddhistes présents en Occident ; nous verrons plus loin de quelle façon il en diffère. Mais la signification plus profonde de ce nouveau mouvement est révélée dans son nom même, les Amis de l’ Ordre Bouddhiste Occidental, et dans les trois conférences qui suivent je vais explorer le sens de ce nom. Je vais essayer d’expliquer en quoi l’ AOBO est un mouvement d’amis, en quoi c’est un mouvement occidental, en quoi c’est un mouvement bouddhiste et en quoi c’est un ordre. Par souci de commodité, cependant, je n’aborderai pas ces termes dans cet ordre-là . J’expliquerai d’abord le mot « Occidental », puis le mot « Bouddhiste » et enfin, ensemble, les mots « Amis » et « Ordre ».
En quoi notre nouveau mouvement bouddhiste est-il occidental ? L’ AOBO a été fondé au Royaume-Uni, à quelques centaines de mètres de Trafalgar Square, au cœur même de Londres. Tout a commencé dans un tout petit sous-sol d’à peine quatre mètres sur cinq sous un magasin de Monmouth Street. Nous étions sept ou huit à nous y réunir, juste une fois par semaine, le jeudi soir. Nous y méditions pendant une heure puis rentrions chez nous. Voilà comment l’ AOBO a commencé. Voilà la petite graine d’où tout a germé. A présent nous avons une soixantaine de centres publics, une douzaine de centres de retraite, une trentaine d’entreprises de « Moyens d’existence justes », et nous nous sommes déployés dans dix-neuf pays. Mais nous avons commencé - presque comme des champignons - dans ce sous-sol bien petit et sombre au centre de Londres.
L’ AOBO a commencé en Occident, au sein d’une société bien particulière, on pourrait même dire au sein d’une civilisation bien particulière. Cette civilisation ne ressemble absolument pas à celle de l’Inde où j’ai vécu pendant vingt ans. Cette civilisation, en fait, diffère de toutes les civilisations qui l’ont précédée dans l’histoire. En particulier, elle est différente car elle est à la fois sécularisée et industrialisée. Bien sûr, même si cette civilisation « occidentale » est née en Occident, elle n’y est certainement pas restée confinée. Au cours des quelques 150 dernières années elle s’est étendue à la plus grande partie du globe. Bien que des signes de résistance à ce processus apparaissent, sporadiquement, dans l’un ou l’autre des états islamiques, le monde d’aujourd’hui est un monde occidental, un monde qui est soit occidentalisé soit en voie d’occidentalisation, c’est-à -dire en voie de sécularisation et d’industrialisation. Par conséquent, quand je dis que l’ AOBO est occidental, je ne veux pas dire simplement que ce mouvement se trouve géographiquement en Occident, ou qu’il est né géographiquement parlant en Occident ; je veux dire qu’il est né dans les conditions d’une civilisation occidentale industrialisée et sécularisée. Et c’est à ces conditions que l’ AOBO essaie de faire face. Il essaie de rendre praticable le mode de vie bouddhiste, la vie spirituelle ou - pour éviter ce genre de terminologie - la vie vraiment humaine, dans ces conditions mêmes.
L’ AOBO est par conséquent occidental dans le sens où il est concerné par le monde d’aujourd’hui, pas par le monde d’hier, aussi glorieux que ce monde ait été à certains égards. Il n’est pas non plus concerné en premier lieu par le monde des cultures religieuses traditionnelles. Ce monde est vraiment un monde magnifique ; j’en ai eu un aperçu récemment en Inde et parmi mes amis bouddhistes chinois en Malaisie. Mais ce monde est, semble-t-il, révolu pour toujours. L’AOBO ne s’attache pas aux réminiscences de cette magnifique, romantique et traditionnelle culture religieuse du passé ; il regarde en avant. Et en cela aussi il est jeune et nouveau.
L’ individu et le monde contemporain - par Urgyen Sangharakshita :
1. Un nouveau movement spirituel.
2. * La survie de l’ individu.
3. La conscience réflexive, l’ Age Axial et le vrai individu.
4. La tension créatrice entre le groupe et l’ individu.
5. Le bouddhisme, le Bouddha et l’ individu.
6. Faire appel au bouddhisme ou au christianisme ?
‘The Individual and the Modern World’ © Sangharakshita, Windhorse Publications 1992, traduction © Christan Richard 2003.
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Dernière mise à jour:
04 avril, 2007.